Directives de l’UE sur les armes. Lettre à un député

Frank Leutenegger
Journaliste, retraité RTS,  www.swissguns.ch
SwissGunsBelleImgae

Lettre à un député

 

Le 30 mai prochain, le Conseil National va traiter de la reprise de la directive 2017/853 modifiant la directive de l'UE sur les armes. Le débat sera certainement animé, entre une partie de la gauche qui voudrait aller au-delà des exigences déjà inadmissibles de Bruxelles, pour instaurer en Suisse une loi digne du 3e Reich.

 

J'habite dans le canton de Vaud. J'ai donc décidé de m'adresser aux députés vaudois qui vont discuter de la lex UE/Sommaruga.

 

Voici le message qu'ils ont reçu:

 

Mesdames,

Messieurs,

 

Dans une quinzaine de jours (le 30 mai), vous allez débattre au Conseil national de la reprise de la directive 2017/853 modifiant la directive de l'UE sur les armes. Vous êtes sans aucun doute conscient de la levée de boucliers devant cette loi liberticide, inutile et inapplicable.

 

La Suisse a déjà prouvé qu'elle dispose d'une loi efficace sur les armes, qui dépasse largement les exigences de la directive. En 2005, le peuple avait accepté de rejoindre Schengen et Dublin notamment sur l'assurance que "les craintes de "restrictions drastiques de notre loi sur les armes" étaient" infondées ". On voit ce qu'il en est aujourd'hui !

 

Je ne vous embêterai pas avec le slogan selon lequel seul un homme armé put être libre, même si j'y crois profondément. J'aimerais toutefois vous rappeler certains points.

 

  1. Le combat contre le crime ou/et le terrorisme

Les armes acquises légalement ne sont pratiquement jamais utilisées pour commettre des actes de violence. Les actions criminelles sont pratiquement toutes perpétrées avec des armes acquises ou détenues illégalement (dans le cas des ressortissants de certains pays, qui sont interdits de possession d'arme en Suisse et représentent la majorité de ces acteurs de violence).

 

En ce qui concerne le terrorisme, on en est à 100% d'armes illégales, sauf si on tient compte des couteaux de cuisine ou des camions utilisés.

 

  1. Le suicide

La gauche et certains mouvements bien pensants avancent que le contrôle des armes permet de faire baisser le nombre de suicides en Suisse. D'une part, les chiffres officiels de l'Office des statistiques prouvent qu'il n'en est rien. Le suicide "individuel" est en baisse en Suisse depuis plusieurs années et les armes à feu ne sont que marginalement employées dans ce cadre. D'autre part, on oublie systématiquement de parler du suicide assisté, avec l'aide de sociétés comme Exit ou Dignitas.

 

L'argument de la disponibilité de l'arme, qui pourrait pousser à un acte irréfléchi ne tient pas la route. Croire que la décision de se suicider peut être spontanée est tout simplement monstrueux. Et il est détestable de voir que certains profitent de la fin d’un long chemin douloureux pour accuser les armes à feu d’être responsable de ces suicides. Ce n’est pas la disponibilité d’une arme qui pousse au suicide, mais l’absence d’aide.

 

Enfin, il faut rappeler - comme ne manquent pas de le faire Exit et Dignitas - que le suicide, en suisse, est un droit, aussi terrible soit-il.

 

  1. La violence domestique

La  violence domestique concerne en moyenne une cinquantaine de foyers par an en Suisse. Les armes à feu ou blanches sont utilisées dans 34 % des cas. Mais leur disponibilité ne semble pas changer la donne: l'objet le plus proche est généralement utilisé. Cela peut être une poêle, un couteau, un cendrier... En outre, nous ne disposons d'aucune information sérieuse sur le nombre de foyers étrangers - ou fraîchement naturalisés - qui sont concernés. Mais certaines nationalités interdites d'armes se retrouvent régulièrement dans les compte-rendu de la presse.

 

  1. Les armes semi-automatiques

L'attaque contre les armes semi-automatiques est typique de certains politiciens européens. Il est regrettable que le Conseil fédéral y fasse suite, en tentant de faire croire qu'un Fass 90 avec un magasin de 20 coups est moins létal qu'un AR-15 ou une Kalachnikov AK-47. Je fais du tir avec une AK-47, mais ce ne sera jamais sanctionné par une société de tir à 300 m. Je me trouverais donc propriétaire d'une arme prohibée... que j'ai pourtant acquise légalement.

 

Devoir prouver que l'on pratique le tir pour avoir le droit de conserver un bien légitimement possédé me paraît ahurissant. Que faire, si un accident ou la maladie m'empêche de tirer pendant un an ou deux. Devrais-je rendre mes armes (sans indemnité, qui plus est) alors qu'elles sont ma juste propriété ? Si votre voiture reste longtemps au garage, vous en restez le propriétaire !

 

On peut rappeler que les sociétés de tir sont unanimes dans leur refus de cette loi.

 

  1. Schengen

Reste la question de Schengen, qu'on brandit régulièrement pour couper court à toute discussion sérieuse. Si nous refusons la directive européenne, les accords de Schengen sautent... Cela nous coûtera des dizaines de millions, voire de milliards (cela me rappelle la propagande de l'époque du vote sur l'EE, en 1992). L'enquête "impartiale du CF conclut à une perte de 500 millions au titre de la sécurité. Il s'agit d'investissements qui sont de toutes façons à faire. Quand aux 11 milliards de dommages économiques, l'étude, très contestée, me semble très suspecte... sans tenir compte des adaptations/innovations de l'économie suisse, qui en a vu d'autres.

 

Si la directive est refusée, nos négociateurs auprès de Bruxelles auront certes un travail difficile. Mais nous leur faisons confiance. Ne sont-ils pas les meilleurs, nous affirme-t-on ?

 

Enfin, je tiens à rappeler que - comme de plus en plus de gens dans ce pays - je ne pourrai jamais voter pour un candidat qui brade notre liberté. Avec mon site internet, www.swissguns.ch, j'encourage régulièrement les citoyens et citoyennes suisses à biffer systématiquement les noms de ces candidats, lors des élections.

 

Avec mes respectueuses salutations

 

Frank A. Leutenegger

Chemin de la Compelenaz 16

1608 Oron-le-Châtel

 

*****

 

F.A.L. 15 mai 2018

 

Un commentaire

  1. Posté par Sam Fisher le

    Bravo pour votre initiative

Et vous, qu'en pensez vous ?

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