Nos autorités en soucis pour les étudiants, et les apprentis ?

Christian Favre
Essayiste
apprentis

 

Il faut saluer la dénonciation par l’USS (Union Syndicale Suisse) des abus dans les conditions de travail des apprentis, saluer parce que c’est un exemple de la vraie gauche, celle qui a pour mission indispensable de veiller et de surveiller ce qu’il y a lieu d’être. Parce qu’enfin, après l’épisode erasmustique qui a tenu longtemps en haleine les médias suisses, qui, à ce moment s’inquiétait du sort des apprentis qui ne disposent pas, eux, du même soutien qu’ont les étudiants auprès du monde politique et médiatique ? Mais il y a autre chose. On n’en finit pas de vanter les vertus de la libre circulation, crédo number one de Bruxelles qui fait des opposants, des parias. C’est quoi la libre circulation, si ce n’est des pays plus ou moins pauvres investissant dans la formation pour envoyer les formés dans les pays plus ou moins riches ? Accentuant ainsi la pauvreté et la richesse, donc la disparité. Revenons aux apprentis. Ah comme il est plus facile à ces entrepreneurs européens, et suisses jusqu’au 9 février,  de se servir dans le réservoir européen de l’ingénieur, du technicien, le mieux formé, avec pour conséquence d’augmenter considérablement les difficultés d’embauche des autochtones, concurrencés comme jamais ils ne l’ont été. Franchement n’est-il pas plus sain d’engager des autochtones, universitaires ou apprentis et de les former, oui de les former. Cela se faisait ainsi dans les années 60-70 et l’industrie ne s’en portait pas plus mal. Cette dénonciation de l’USS vient au bon moment car les entreprises suisses n’auront plus d’autre choix, si elles veulent rester en Suisse, que de bien former : les apprentis et les jeunes dans leurs premiers emplois. Elles seront gagnantes après cette reconversion.

Bien sûr que ce genre de considération a l’air de faire peu de cas des pays n’ayant guère d’autres choix que de former pour partir. Faudrait-il alors encourager les entreprises des pays riches a plus investir dans ces pays ? On peut se poser la question, mais quoi qu’il en soit c’est à ces pays, à leurs dirigeants, de créer les conditions cadres (comme aime à le  répéter la droite) pour favoriser la création d'entreprises.

Christian Favre, 27 juin 2014

 

4 commentaires

  1. Posté par bertschinger michael le

    On observe la même chose au sein de l’état, pourtant pas soumis à la loi de la concurrence…loin s’en faut….
    En fait on observe une prise de pouvoir en Suisse sur la Suisse par le bancaire le financier et les RH étrangers j’en passe et des meilleures. Ce pays ne nous appartient plus!
    Il n’y a plus de conscience à aucun niveau, que des écrans et des crédits….
    La gauche bobo mobilise ses bobos.
    Les prolétaires suisses vivent comme des petits bourgeois mais à crédit…..
    Préparez vous au nouveau texte de lois relatifs au too big to fail, où vos économies déposées pourront être effacées à titre de dettes non remboursable pour ne pas mettre la banque en danger…..12 février 2016 devant les chambres.
    Pour ceux que l’Europe intéresse toujours, sachez que de la croissance il n’y en aura plus, le tourbillon descendant est trop puissant et rien ne remonte de cela. Misère esclavage thérapies de conflits chocs voilà pour la majorité, mais pas une certaine gauche…..
    En étudiant l’histoire on s’aperçoit que jamais aucune idée n’est devenue une bonne idée .
    Marx Einstein Jésus Facebook, mais que ça rapporte, ça oui. Toutes les révolutions sont détournées.
    L’humain est humain dans sa plus basse nature mais aussi celle de toujours vouloir s’en sortir…dont acte

  2. Posté par Géo le

    « Ah comme il est plus facile à ces entrepreneurs européens, et suisses jusqu’au 9 février, de se servir dans le réservoir européen de l’ingénieur, du technicien » Il est ressorti de la campagne du 9 février de nombreux témoignages de la politique de recrutement des directeurs de ressources humaines, qui sont majoritairement français. Les Français engagent des Français, ne serait-ce que parce qu’ils ne connaissent rien du tout à la Suisse et ses filières d’apprentissage, et qu’ensuite le népotisme ce n’est pas fait pour les chiens. Il ne fallait pas engager des DRH français, mais c’est fait et maintenant c’est trop tard…

  3. Posté par Christian Favre le

    http://www.24heures.ch/suisse/petition-mieux-proteger-apprentis/story/21137533?comments=1
    Peut-être n’avez-vous pas pris connaissance des faits que révèlent l’USS ? Dans le cas contraire vous estimez que ces faits débordent d’attractivité et incitent les jeunes à aller dans certains secteurs probablement en recherche d’apprentis comme main d’œuvre bon marché. Il me semble que votre réflexion démontre qu’il y a lieu de mieux s’intéresser à l’apprentissage, qui reste pour moi une excellente école de vie post scolaire.

  4. Posté par Michel de Rougemont le

    euh!
    Il me semble avoir lu et entendu la semaine passée que environ 14’000 postes d’apprentissage étaient encore sans candidats. Ce fait n’est-il pas en contradiction avec cet article?

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